Bon Courage

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J’adopte toute espérance

en son esprit frondeur

Lettre ouverte

Capture du 2015-11-21 21:31:50un livre de J-Paul Germond

avec la complicité de son comité de soutien

   

   Probable signe des temps, l’expression « bon courage » réapparaît dans nos usages ; elle est également à l’origine de ce livre quand, à Douala, deux enfants des rues, Gaétan et Hermann,la reprennent à leur compte pour aussitôt l’associer à leurs rêves.

   De retour en France, leur interlocuteur, J-Paul Germond, constate qu’un semblable courage anime la plupart des chômeurs et des détenus qu’il rencontre au quotidien ; chacun à sa façon, ceux-ci lui expriment en effet leur résilience, cette « façon ni très rationnelle ni très raisonnable de sauvegarder l’espoir. »

Résolument variés, parfois drôles ou émouvants, mais toujours brefs, tous les portraits que vous découvrirez apportent ainsi un cinglant démenti au célèbre cliché : « les chômeurs ? Tous des fainéants et des fraudeurs ! »

  Cependant, bien qu’il rende un chaleureux hommage à ses collègues, J-Paul Germond se montre très critique envers son employeur, Pôle-emploi, contre lequel il a déposé plainte pour discrimination au handicap suite aux graves dérèglements dont il a été l’objet (entre autres, celui d’avoir continuellement dissimulé la responsabilité de ses services dans les épreuves, en particulier l’absence de toute rémunération, qui, pendant trois ans, ont si durement marqué sa longue maladie). Pourtant, il ne s’en étonne pas ; il y retrouve en effet la logique qui, depuis la fusion (réalisée à la même période, en 2008) préside à l’actuelle dégradation de la notion de « Service Public ». Il en reconnaît en particulier le langage aseptisé, singulièrement déconnecté de l’évolution et de la diversité de notre monde en crise, mais aussi la « violence institutionnalisée », cette irresponsable et néfaste habitude qui consiste à privilégier les stratégies d’évitement.

  C’est pourquoi cette lettre ouverte apparaît aussi comme un plaidoyer pour le dialogue, lequel est au cœur de chacun de ses 188 « entretiens-portraits » et témoignages. Quant au silence, il y révèle sa profonde ambiguïté, signalant tour à tour son refus implacable face à cette forme « dangereusement invasive » qu’est notre indifférence ou bien, tout au contraire, cette singulière « qualité du cœur » qu’est alors notre courage.

J’adopte toute espérance
en son esprit frondeur.

emprunté à Andrée Chedid, le
sous-titre de ce livre conclut
son poème, « l’espérance »,
publié en 2004.