Bon Courage

                  

quelle drôle d’idée

de laisser la surveillance

de votre pot de crème

à votre chat

Lettre ouverte

Capture du 2015-11-21 21:31:50

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un livre de J-Paul Germond

J’adopte toute espérance

en son esprit frondeur.

Andrée Chedid

Probable signe des temps, l’expression « bon courage » revient dans nos usages ; elle est également à l’origine de cet ouvrage quand deux enfants des rues, Gaétan et Hermann, la reprennent à leur compte et l’associent spontanément à la dignité.

De retour en France, leur interlocuteur, J-Paul Germond, constate que ce même courage anime les chômeurs (y compris les détenus de Fleury-Mérogis) qu’il rencontre si souvent, et que chacun à sa façon évoque sa résilience, cette « façon ni très rationnelle ni très raisonnable de sauvegarder l’espoir » face aux épreuves du handicap, de la la misère ou de la solitude.

La centaine de portraits résolument variés, parfois drôles, toujours brefs mais attachants, qui accompagnent cette lettre ouverte, apportent un cinglant démenti aux absurdes clichés ordinaires : « Non ! L’immense majorité des chômeurs ne sont ni fainéants, ni fraudeurs. »

Cependant, bien qu’il rende hommage à ses collègues, l’auteur est très critique envers les instances qui prétendent faire de la lutte contre le chômage une priorité. De même, son actuel conflit avec son employeur, Pôle emploi, en dit long à propos des dérèglements de ce dernier, mais aussi de sa constante indifférence, si peu conforme à ses engagements.

Ce témoignage est donc avant tout une lettre ouverte, qui, s’adressant principalement à Pôle emploi, réhabilite le courage, cette qualité de cœur que J.Paul Germond n’oppose ni à la lâcheté, ni à la peur, mais à l’indifférence. Ainsi, face à l’adversité, n’est-ce pas un hasard si son récit commence en Afrique avant de confronter l’épreuve du chômage à nos pratiques administratives, lesquelles se soucient bien davantage de leur justification que de leur efficacité. De même, son constat, « Loin d’être une fatalité, la crise actuelle n’est qu’un alibi qui permet de justifier l’austérité dont profite insolemment une infime minorité », nous incite à nous défier des « politiques », mais aussi à mobiliser notre propre courage, cette force discrète et créatrice, synonyme d’espoir et d’humanité.

L’urgence n’est-elle pas de faire face aux défis actuels ? De multiples initiatives et un projet (dans le domaine de la prévention environnementale et humaine) complète ce témoignage, où, loin du défaitisme, le courage atteste de nos talents et de multiples « gisements d’emplois ».