Bon Courage

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J’adopte toute espérance

en son esprit frondeur

emprunté à Andrée Chedid, le
sous-titre de ce livre conclut
son poème, « l’espérance »,
publié en 2004.

Lettre ouverte

Capture du 2015-11-21 21:31:50un livre de J-Paul Germond

avec la complicité de son comité de soutien

Résumé : cette singulière « qualité du cœur« 

Crise : moment où s’efface l’ancien monde alors que se font attendre les réponses à nos incertitudes et à nos contradictions.

Antonio Gramsci, Italie

Probable signe des temps, l’expression « bon courage » réapparaît dans nos usages ; elle est également à l’origine de ces quelques 118 récits et témoignages quand, à Douala, deux enfants des rues, Gaétan et Hermann, la reprennent à leur compte pour laisser libre cours à leurs rêves.

De retour en France, leur interlocuteur, J-Paul Germond, constate que ce même courage anime la plupart des chômeurs et des détenus qu’il rencontre au quotidien ; chacun à sa façon, ceux-ci lui font part de leur résilience, cette « façon ni très rationnelle ni très raisonnable de sauvegarder l’espoir. »

Résolument variés, parfois drôles, émouvants ou poétiques, mais toujours brefs, les portraits présents dans ce livre apportent donc un cinglant démenti au fameux cliché : « Les chômeurs ? Tous des fainéants et des fraudeurs ! »

Néanmoins, en dépit de l’amicale solidarité qui le lie à ses collègues, J-Paul Germond se montre très critique envers son employeur, Pôle-emploi, contre lequel il a déposé plainte pour discrimination au handicap. Il lui reproche, entre autres, les multiples manquements et infractions (y compris l’absence de toute rémunération) qui, pendant trois ans, ont lourdement pesé sur la « longue maladie » qu’a alors entraîné l’aggravation de son handicap. Pourtant, il s’en étonne peu ; le chaos de la marche forcée vers la « fusion » (en 2008) a permis d’entrevoir la fragilité du « Service Public ». Mais, bien qu’il ne soit pas le seul oublié (« subalterne » aurait dit Gramsci) à être victime de telles violences, au moins peut-il en observer les rouages et s’étonner de ses « belles résolutions ». Triste constat en vérité : transformé en un « grand et coûteux navire contraint de rester à quai », Pôle-emploi est de plus en plus inaudible ; il semble désormais indifférent aux défis qu’affronte notre monde en mutation.

En définitive, quel qu’en soit l’éclairage, chaque page de ce livre est un appel au dialogue. Gage de solutions innovantes, celui-ci n’a rien de virtuel, mais il atteste d’un désir partagé de construire un avenir meilleur tout en acceptant nos différences. Mais… Gare à ceux qui le bâillonnent ; ils s’exposent à cette singulière « qualité du cœur » qu’est alors notre courage.